J'ai besoin de rêve. De m'évader, de m'imaginer. J'en ai besoin, si je veux tenir encore deux petites années. Je me nourris de projets, qu'ils soient futiles ou sérieux. Qu'ils soient graves ou desespérés. Je me vois partir loin d'ici, vagabondant au fil de mes jours, entre deux cours de théatre. Cours Florent, s'il vous plaît. Je ferais des petits boulots pour me les payer. Pour vivre de ma passion. Je vivrais de presque rien, mais j'aurais déja ça pour moi. La passion, c'est ce qu'il y a de plus fort, ça pourrait nous mener n'importe où, du moment que l'envie est là. Comme dit notre cher Saez, on n'a pas la tune mais l'espoir, pas le blé mais l'envie. Je m'accrocherais. Parce que j'aurais décidé de me laisser guider, de prendre mes décisions seule, que personne ne m'aura dicté. Je m'accrocherais parce que j'en voudrais. Peut être qu'un jour on me prendra avec soit, et tous ensemble on sillonera la France entière. Je voudrais voyager. Voir du pays. Faire des tas de rencontres, croiser sur ma route des gens qu'on oublie pas. Des gens qui me montreront que la vie c'est le risque, le goût du risque, et qu'on peut être heureux avec pas grand chose. Ma troupe sera connue mais pas trop, je ne demande pas la gloire, et je ferais d'elle ma béquille, sur laquelle je pourrais m'appuyer. Entre temps j'emmenerais Amandine, pour lui faire découvrir mon univers de saltimbanque. Et je vivrais ainsi, sans savoir de quoi demain sera fait, sans grande gloire ni richesse certe, mais au moins celle du coeur et de la découverte.